J’ai 5 ans,
Tu es ce qu’il y a de plus important, mon unique parent,
Tu brilles dans mon cœur comme le soleil dans le ciel,
Tu es si belle, si blonde, à en oublier que tu es seule au monde,
Je suis là, tout collé contre toi, comme ton amoureux, je ne veux que toi,
Je t’aime, je t’aime, je t’aime, Maman,
J’ai 10 ans,
Tu es disons absente, mon beau-père bien présent,
Tu es éteinte, comme un croissant de lune, caché par la brume,
Tu perds tes pétales, tes cheveux s’envolent au vent, comme l’amour pour ton enfant,
Je suis orphelin de tendresse, de caresses, de ta douceur funeste,
J’ai d’la peine, d’la peine, d’la peine, Maman,
J’ai 15 ans,
Tu es une étrangère vraiment, je vous quitte content,
Tu es dure comme de la glace, qui ne veut fondre au printemps,
Tu te fais le ciment de mes nuits sans sommeil, de ma quête de femmes maternelles,
Je suis l’oiseau tombé du nid. De mes yeux, ne couleront plus, de gouttes de pluie,
J’ai la haine, la haine, la haine, Maman,
J’ai 28 ans,
Et depuis quelques temps, je me rêve d’avoir 5 ans,
De pouvoir te parler, de tout, de rien, de mes amours impossibles, de mes chagrins,
Que tu me prennes dans tes bras et me dise : « Pleure, mon grand, raconte moi »
Que le temps, les souvenirs, le ciel, ne se dressent plus entre toi et moi,
Que je puisse enfin, Maman ! Redevenir ton enfant.
18/01/2007 |