Ça fait 3 semaines que j’bouffe
que des dattes rassies,
A croire qu’ils veulent que j’finisse comme elles, dans
c’trou, à moitié moisi.
Au dessus, j’entends l’US Air Force, qui tourne et fait
tout pour m’débusquer,
Les cons ! Y m’auront jamais ! W Bush*, j’suis trop bien
planqué !
J’ai les poches remplies de dollars,
750 000 !
C’est pas toi qui peut en dire autant,
Alors tu viens foutre ton bordel et m’piquer mes barils !
Quand j’y pense, on aurait certainement pu résoudre ça
comme avec ton père,
Autour d’une bonne vieille partie de poker !
Mais toi, comme au cinéma, tu cries : « God bless America
»,
Tu mets ton costume de W Schwarzi* et t’envahies mon pays !
Dans c’trou miteux, y a rien ! Une lampe
à pétrole, une botte de foin !
Deux mètres carrés de boue, de puanteur et d’asticots,
qui me regardent de travers,
Dans leurs estomacs, y a sûrement un gars qu’j’ai
moi même envoyé 3 pieds sous terre !
Pour briser la solitude, j’ai dans une main un livre X et dans
l’autre, un épis de maïs,
Quand j’pense qu’y a pas si longtemps, on m’appelait
le RAIS !
J’avais un palais somptueux, dans lequel
je faisais c’que j’veux.
Et pour ça, on s’privait pas ! Chez nous, on respectait
pas la charia !
Ils m’traitaient de dictateur ! Mais chez nous, pas d’terroristes,
les gens avaient peur !
J’les torturais de mes propres mains, comme si c’était
mes propres enfants,
J’leur arrachais les ongles, les doigts, les dents. Et j’les
écartelais au soleil levant !
« La vie n’est que souffrance. » C’est c’que
j’répétais au traître qui m’traitait
de tyran !
J’menais mon pays à ma guise.
Ça n’avait l’air de gêner personne.
J’ai même mangé à la même table que
Monsieur Jacques Chirac,
Pour briser la glace, ce con, il voulait m’faire manger du cochon
!
J’ai acheté des armes par milliers, au Président
François Mitterrand,
Nourri donc des familles françaises entières, qui vivent
de l’armement !
J’ai même mangé un Big Mac avec le père
Bush,
Il m’avait dit qu’c’était le seul moyen d’relancer
la croissance tout schuss !
Et aujourd’hui, on a le culot de m’dire
que j’suis contre la démocratie !
Démocratie ou pas, si y a un homme qui souffre ici, c’est
moi !
J’suis enfermé comme un gros rat, dans un p’tit
trou de souris !
De toute façon, je m’en fous ! Demain je m’enfuis,
direction la Jordanie !
Et n’me faites pas croire, que derrière chaque cœur
qui saigne,
Se cache le plus grand des despotes, moi ? Saddam Hussein.
Sur cette place, j’ai les mains moites
et la gorge serrée,
Faut dire, les temps ont plus que changé : j’viens d’me
taper la clope du condamné !
Tout Bagdad est là d’vant moi . J’vois dans leurs
yeux, qu’ils ont encore peur de moi !
Et dire qu’ils me traitaient d’barbare !
Ils vont m’pendre comme un chien et c’est moi l’barbare…
Tiens, y a W Bush* au fond qu’a l’air content,
Ma pendaison, ça doit lui rappeler son Far West texan !
Bon, j’crois qu’on y est : Putain ! J’ai froid !
J’ai peur…
Si j’avais pas les mains liées, j’leur ferais un
doigt d’honneur !
Le plus grand des barbares vous dit...Allah Akbar...
Adieu !
« ALLAH AKBAR ! ! »
sic
01/11/2006
W* : prononcer à l’américaine
!